Les films
| Revenir à la page parente |
En 2000 est sorti le premier long-métrage portant les personnages des X-Men à l'écran. Jusqu'ici, les adaptations en image avaient été des dessins animés, en général destinés à un public plutôt jeune. Le film X-Men a été annoncé dès le départ comme une trilogie (à la mode de Matrix, certainement), mais depuis les choses ont changé. Il y aura plusieurs films, mais le nombre n'est pas fixé. Globament, l'œuvre s'adresse à un public large, pas seulement aux enfants et aux adolescents.
Pour dire les choses franchement, ce sont des films hollywoodiens, c'est-à-dire avec un scénario minimaliste et beaucoup d'effets spéciaux. Vous êtes prévenu(e) ! Cela dit, sans dire qu'ils méritent des oscars, je reste persuadé que ces films consacrés aux X-Men se situent un peu au-dessus du lot.
D'abord parce que les effets spéciaux et la violence visuelle ne sont pas excessifs. On est très loin d'un Matrix ou d'un Star Wars. Cela laisse donc de la place à un minimum d'interprétation des personnages, chose bienvenue puisque ces personnages ne sont pas nouveaux, ils sont des années, voire des décennies, d'existence dans le comic !
Ensuite parce qu'il y a, en toile de fond, cette réflexion sur la tolérance et le racisme. Bon, pas de grande idée brillante ou d'appel désespéré, mais une mise en situation simple et directe : « Le racisme, ça donne ça. » (surtout dans le premier film)
Présentation
Les films ne respectent pas la chronologie ou les événements qui ont eu lieu dans le comic ; heureusement, sans quoi seuls les plus acharnés des lecteurs pourraient y comprendre quelque chose !
Les X-Men sont à la base un groupe de trois personnes, Scott Summers alias Cyclops, Jean Grey et Ororo Monroe alias Storm. Ils ont été rassemblés par le professeur Charles Xavier au sein de son école, conformément au comic.
Il faut ajouter à cela les nombreux élèves de l'école, la plupart n'étant pas nommés et ne servant qu'à justifier l'appellation d'école ! Mais le lecteur averti aura reconnu Kitty Pryde, Theresa Rourke Cassidy, Piotr Rasputin, Jubilation Lee, Artie et sans doute quelques autres (dans le second film, je pense que le gosse qui zappait sans zappette était Quentin Quire).
Les seuls étudiants mis en avant sont Bobby Drake et John Allerdyce, tout deux très différents de ce qu'ils sont dans le comic : Bobby n'est plus un membre fondateur des X-Men mais un adolescent, et John n'est plus un terroriste travaillant au sein de la seconde Brotherhood of Evil Mutants mais un étudiant de l'école plutôt mal dans sa tête.
Et arrivent, bien sûr, ce cher Logan ainsi que Rogue (Malicia en Français). Si Logan est assez conforme à son personnage d'origine, Rogue, elle a été complètement repensée. Dans le comic, elle était la fille adoptive de Raven Darkholme (Mystique) et d'Irenie Adler (absente du film), donc une terroriste travaillant dans la Brotherhood of Evil Mutants. Mais elle ne contrôle pas son pouvoir et absorbe à titre permanent les pouvoirs de Carol Danvers ainsi que sa personnalité ! Atteinte de schizophrénie et terrorisée par ses pouvoirs, elle va frapper à la porte du professeur Xavier et devient membre des X-Men, cumulant son propre pouvoir avec ceux de Carol Danvers (invulnérabilité, super-force et don de vol). Dans le film, elle n'est qu'une adolescente qui découvre son pouvoir et essaie de faire avec, elle n'a donc aucun des pouvoirs absorbés à Carol Danvers. En outre, elle n'y est pas la fille adoptive de Mystique et son vrai nom est révélé (Marie).
Côté ennemis, le film a essentiellement synthétisé les deux Brotherhoods of Evil Mutants. Dans le comic, la première était commandée par Magneto dans les années 60 et de ses membres, seul Mortimer Toynbee (Toad) a été conservé. La seconde a été fondée par Mystique dans les années 70 et comportait Rogue et Pyro comme indiqué plus haut, ainsi que Victor Creed (Sabertooth) et d'autres qui n'apparaissent pas dans les films.
Enfin, quelques personnages font des apparitions furtives, comme Henri McCoy (Beast) dans le second film, que l'on aperçoit dans une interview télévisée face à Sebastian Shaw. Ou encore Remy LeBeau, dont seul le nom apparaît dans un fichier informatique ; c'est ça de perdu pour lui, car Rogue se case avec Bobby ! Les lecteurs du comic me comprendront... ;-)
X-Men
Le premier film est avant tout une prise de contact avec le monde et les personnages. Il est par ailleurs plutôt court (1h30), ce qui le rend agréable et digeste.
Il aborde bien sûr le thème du racisme, par le biais d'un sénateur (Robert Kelly) qui est persuadé d'être dans son bon droit en voulant traiter les mutants non comme des êtres humains mais comme des armes, qui doivent être déclarées et enregistrées. Il use de ses talents d'orateur pour convaincre une opinion publique effrayée par cette nouvelle donne.
Cela n'est pas du goût de Erik Lensherr (Magneto), qui décide d'agir. Conformément au comic, il est un Juif rescapé d'Auschwitz et sa vie est menée par la peur de voir l'histoire se reproduire avec les mutants. Il décide de construire une machine capable de jouer sur le code génétique des humains pour en faire des mutants et, par ironie, prend le sénateur Kelly comme cobaye. Pour arriver à ses fins, il a rassemblé une bande de terroriste, la Brotherhood of Mutants.
En parallèle, Magneto s'attaque à Logan et Rogue, qui ne sont pas encore membres des X-Men et se sont rencontrés par hasard dans un bar à routiers. Les X-Men les sauvent in extremis et le professeur Xavier se demande bien ce que Magneto voulait à Logan...
À mon sens, ce premier film, même s'il n'a pas tout pour lui, est plus fidèle au style propre aux X-Men : une bande de mutants idéalistes luttant pour l'intégration des mutants dans la société, et se heurtant autant au racisme ambiant qu'à des mutants qui pensent être dans leur droit en s'attaquant aux humains. Ce thème sera présent dans le film suivant, mais quelque peu dissimulé derrière une histoire de super-héros plus traditionnelle. En contrepartie, il n'a pas un rythme très soutenu et n'a sans doute pas marqué les esprits des gens qui ne connaissaient pas le comic.
X-Men 2: X-Men United
Le contexte ayant été présenté dans le premier film, le second passe aux choses sérieuses. Il enchaîne directement là où le premier s'était arrêté : on retrouve Mystique toujours dans son rôle de sénateur Kelly, Logan qui se rend dans le nord en suivant le conseil que le professeur Xavier lui avait donné à la fin du premier film, Rogue bien intégrée comme étudiante à l'école, etc.
En fait, l'inspiration du scénario de ce film a une source bien précise, un Graphic Novel de 1982 intitulé « God Loves, Man Kills ». Encore aujourd'hui considéré comme une des œuvres maîtresses de Chris Claremont, GLMK racontait comment le révérend Stryker, un religieux américain, relit la Bible alors qu'il pensait aux mutants. Pour lui, si Dieu a créé l'homme à son image, alors les mutants sont une déviation par rapport à la Pensée Divine et donc l'œuvre du Diable. Il faut dire qu'il n'y avait pas besoin de le pousser très fort dans cette voie, car sa femme avait accouché d'un mutant, événement qui avait profondément traumatisé Stryker, le poussant à tuer la femme et l'enfant. Fantastique orateur, il parvient à emmener dans son sillage de nombreux catholiques et se rend coupable d'exécutions sommaires et de torture. Tout s'accélère comme il réussit à capturer le professeur Xavier et à lui faire utiliser Cerebro pour tuer à distance tous les mutants de la planète. Les X-Men nouent une alliance précaire avec Magneto pour le mettre hors d'état de nuire.
Le film réutilise le personnage de Stryker, mais n'en garde que le nom et les peurs. La religion étant un sujet tabou outre-Atlantique, il devient un scientifique proche des services secrets. Il a eu un fils mutant, ce qui l'a effrayé, mais il l'a confié au professeur Xavier « pour le guérir ». Xavier n'a jamais réussi à lui faire comprendre qu'une mutation n'était pas une maladie et que cela ne pouvait donc pas se guérir. Malheureusement, le fils de Stryker n'était pas bien net dans sa tête lui non plus, ce qui a fait mauvais ménage avec ses dons télépathiques ! Il a fait vivre un enfer à ses parents, poussant sa mère au suicide. Et voilà Stryker jurant la perte des mutants...
Je suis partagé avec ce film. J'ai indéniablement passé un très bon moment, les clins d'œil au comic sont fréquents sans être indispensables à la compréhension de l'histoire et l'humour est plus présent. D'un autre côté, le thème du racisme anti-mutant est relégué au second plan et Stryker est avant tout présenté comme un malade que les X-Men doivent affronter (scénario de super-héros très typique). Autrement dit, on ne « voit » pas vraiment les conséquences du racisme de Stryker, elles restent très abstraites. La seule exception serait la scène où les militaires attaquent l'école Xavier où il n'y a que des enfants, mais elle est vraiment tournée comme une scène d'action. J'ai par contre apprécié le développement de certains personnages, par exemple John ou Kurt Wagner, ou encore Magneto lui-même.
Tout amateur du comic n'aurait certainement pas manqué de saisir toutes les allusions (pas toujours discrètes) à ce qui sera sans aucun doute le thème du troisième film, j'ai nommé Phœnix ! Si vous ne voyez pas de quoi je parle, faites une tour sur ma page consacrée au clan Summers, où l'histoire de Jean Grey et Phœnix est rapidement présentée. Un petit regret, je ne pense pas que le public ait réellement apprécié la fin, car si l'on ne sait rien de Phœnix, le sacrifice de Jean Grey tombe un peu de nulle part.
Enfin, suite au film, Marvel a tenté de créer un lien entre le personnage de Stryker dans l'histoire originelle God Loves Man Kills et celui du film. Pour ce faire, Claremont a écrit God Loves Man Kills II, dans les pages du comic X-Treme X-Men. Vingt ans séparent les deux histoires... À vous de juger !
X-Men 3: The Last Stand
Faisons court. Je n'ai guère envie de me lancer dans l'analyse de cet épouvantable navet. Le remplacement de Brian Singer par un amateur qui se vante (!) de ne pas connaître les X-Men et de ne pas chercher à se documenter (malheureusement véridique) a conduit à un film navrant, bousculé et sombrant dans les pires clichés hollywoodiens.
À oublier d'urgence, c'est encore pire que le film Daredevil.
Liens IMDB
Si vous êtes intéressé(e) par les détails techniques du film (casting, dates, etc), la meilleure source que je connaisse reste l'IMDB :















