Les comics

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C'est quoi ?

Le mot comics désigne un format américain de bande dessinée, ainsi qu'un style de bande dessinée (lui aussi américain ;-). Pour les curieux, le format comics est d'environ 25,9x16,8 cm (en tout cas aujourd'hui).

Mais ce qui compte réellement, c'est le style. Bien que le terme de comic soit très général, nous allons nous intéresser ici uniquement à ceux qui se focalisent sur des super-héros - la définition de ce mot étant plutôt fluctuante. Ceux-ci représentent tout de même une importance proportion de l'ensemble des comics. Historiquement, on considère que c'est avec Superman, personnage né en 1938 (après un faux départ en 1933), qu'apparaît le concept de super-héros. D'autres personnages célèbres suivront : Batman, Captain America...

Par exemple le personnage de Captain America, développé pendant la seconde guerre mondiale, avait au départ pour rôle de faire circuler la propagande américaine parmi les soldats (d'où son nom). Les autres super-héros n'ont jamais traîné ce genre de boulet, mais il est intéressant de constater que le personnage de Captain America est toujours bien portant aujourd'hui, alors que son rôle est dépassé depuis bien longtemps. Pourquoi ? Nous y reviendrons !

À partir de maintenant, je parlerai uniquement des comics commercialisés par Marvel Comics, une des grandes sociétés de comics, avec DC Comics, Dark Horse et quelques autres. La plupart des super-héros de cette époque vivent sous les plumes des artistes de l'une ou l'autre de ces sociétés : Superman et Batman chez DC, Hulk et Spider-Man chez Marvel, etc.

L'âge d'or

Le comic se développe malgré la deuxième guerre mondiale de manière très libre et il n'est pas rare à cette époque de trouver ce qui s'apparente à de la littérature de gare (par exemple les pulps), c'est-à-dire des histoires salaces voire vraiment violentes ou horribles. Il est fatal que le poing de la censure finisse par se refermer sur tout ça, surtout aux États-Unis, d'où l'établissement du Standard of the comics code authority qui met un frein brutal à ces « débordements ».

Dans la mesure où les X-Men n'existaient pas à cette époque, je ne m'étendrai pas plus sur le golden age.

L'âge d'argent

Si les super-héros étaient un genre éteint, le code oblige les éditeurs à leur donner un second souffle. C'est l'explosion, avec la création des célébrissimes Hulk (1959), Iron Man (1959), Fantastic Four (1961), Spider-Man (1962), Avengers (1963), X-Men (1963)... Un regard trop moderne posé sur ces comics serait probablement dérouté : dessin naïf, scénarios de combats simplistes entre super-héros unidimensionnels et super-vilains aux motivations peu crédibles... Il faut aller au-delà de ces apparences et observer l'évolution des comics pour comprendre. En outre, les contraintes nouvelles imposées par le code nécessitent un temps d'adaptation certain.

S'il est indéniable que les choses étaient traitées de façon simpliste dans les comics des années 60, il ne faut pas perdre de vue le caractère périodique de ces bandes dessinées : chaque mois on retrouve les aventures de ses héros favoris... Pourtant, à en croire Stan Lee lui-même, le côté collection et l'attachement à ces personnages familiers ne jouent pas un rôle prépondérant à cette époque. Mais le comic est un art populaire dans lequel de nombreux sujets de société sont abordés (et traités avec simplicité, il faut bien le dire) : racisme, guerre froide, troisième guerre mondiale, grande conspiration, etc. Les racines « littérature de gare » ne sont pas si loin...

Pourtant, avec les années 70 et 80, cela va changer pour toute une frange des comics. Cela passe inaperçu dans les années 60 car le comic qui va amener ce changement ne paie pas de mine. La preuve : les X-Men coulent et leur publication est interrompue en 1970... La raison en est sans doute que ce comic ne tire pas vraiment son épingle du jeu à cette époque : d'accord, ses héros sont nés avec leurs pouvoirs plutôt que de les avoir acquis par accident, et alors ? Les conséquences de ce point de détail (la métaphore du racisme, par exemple) ne sont pas exploitées.

Cette baisse de forme à la fin des années 60 est d'ailleurs généralisée à tous les comics traitant de super-héros, marquant la fin de ce que l'on appelle aujourd'hui le silver age.

L'âge de bronze

En 1975, Marvel embauche un jeune scénariste du nom de Christopher Claremont et lui confie la mission de ressusciter les X-Men... Depuis cinq ans, ce comic ne vit que de réédition des numéros passés. En d'autres termes, il est mort. Avec le dessinateur Dave Cockrum, Claremont transforme lentement les canons du genre. Il s'efforce de marier la naïveté plaisante de ces histoires plutôt manichéennes avec une certaine crédibilité, donnant des motivations et une humanité aux vilains et étoffant les héros de défauts moins facilement supportables qu'un simple mauvais caractère.

Curieusement, Claremont signe son coup de maître alors que les X-Men ne sont pas encore vraiment sortis de leur chrysalide : de 1976 à 1980, Claremont va tisser une des plus belles trames de l'histoire des comics, celle qui a révolutionné tout le genre, la Phœnix Saga qui deviendra la Dark Phœnix Saga en cours de route. Il est très instructif de la relire en entier aujourd'hui, car on y voit presque « à l'œil nu » l'évolution du genre ! Après les premiers épisodes au scénario squelettique avec un vilain caricatural (Krakoa, Stephen Lang), on se met à voir les vilains dans leur vie de tous les jours, questionnant leurs propres motivations (Magneto), et les héros menant avec plus ou moins de bonheur leur vie privée.

Après la Dark Phœnix Saga, Claremont continue sur sa lancée et en quelques années place le comic très, très haut. Tous les personnages ont une grande profondeur. Par exemple, le très ancien personnage de Magneto se retrouve avec un passé dans les camps de concentration, la peur de voir l'histoire de répéter avec le racisme anti-mutant... On est très loin du type avec un seau rouge sur la tête qui prenait une base nucléaire d'assaut dans X-Men 1... À l'inverse, certains héros tombent de leur piédestal, comme Cyclops qui se révèle un mari fuyant, voire lâche, et passe son temps à faire faux-bond à tout le monde, très loin de l'image impressionnante du leader des X-Men.

Ainsi, la période s'étalant grossièrement du début des années 70 à la deuxième moitié des années 80 prendra plus tard le nom d'âge de bronze. Faut-il y voir un jugement de valeur par rapport aux âges précédents ? Personnellement, je ne le pense pas, bien au contraire. Si les années 60 ont semé les graines du changement, il aura fallu le génie d'un Claremont pour qu'elles germent.

À partir du bronze age, toujours si l'on en croit Stan Lee, l'attitude des lecteurs change considérablement : ils se fidélisent sur des séries et acceptent mieux les aléas de l'inspiration d'un mois sur l'autre, là où, dans les années 60, ils auraient été piocher dans les comics d'à côté... En outre, les scénarios s'étoffent et dépassent largement le cadre d'un numéro mensuel, ce qui rend le « butinage » difficile. Il n'y a qu'à voir la Dark Phœnix Saga, étalée sur cinq ans au milieu de trames plus courtes. Claremont poussera le vice jusqu'à utiliser la vieille ruse qui consiste à démarrer des intrigues et à les laisser en suspend pendant des années ! Les lecteurs spéculent, les rumeurs volent, tout le monde prend son pied !

L'après-Claremont

Difficile de nier qu'avec le départ de Claremont en 1991, les X-Men ont pris un coup et les fans se sont inquiétés. Depuis cette époque, les artistes placés aux commandes des X-Men sont régulièrement remplacés. Évidemment, cela nuit aux intrigues étalées dans le temps. En dehors de quelques périodes exceptionnelles, les scénarios deviennent plus courts, plus « efficaces ». Il faut dire qu'après 30 ans d'existence, les X-Men exigent des scénaristes une mémoire mammouthale pour se souvenir de tous les détails, des intrigues laissées en suspend et des personnages qui vont et qui viennent !

À tel point que, en 2001, Marvel lance un nouveau mensuel, Ultimate X-Men, qui reprend les personnages des X-Men en faisant table rase du passé, reprenant tout leur univers à zéro dans un contexte plus moderne... Les fans trop jeunes ou pas assez riches pour se plonger dans les milliers de numéros étalés depuis 1963 apprécieront !

Le retour de Claremont

Non, ce n'est pas titre d'un mauvais soap opera, mais avec la sortie du film X-Men en 2000, Chris Claremont est revenu aux commandes des X-Men. D'abord placé sur le titre phare Uncanny X-Men, il a finalement été redirigé sur un nouveau titre, créé pour l'occasion, X-Treme X-Men. Depuis, ce titre a disparu mais Claremont demeure aux manettes sur au moins un titre X-Men chaque mois.

Là, les X-Men ont commencé à changer un peu de style, à chercher l'inspiration en dehors du canon super-héroïque. Mais cette discussion propre aux X-Men a sa place sur la page de présentation des X-Men.

Ces généralités étant dites, si vous voulez pénétrer un peu plus profondément dans l'univers des X-Men, retournez à la présentation !

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