Magica, Nightmare et After Forever 2006
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Date : 14/02/2006. Lieu : Rock School Barbey, Bordeaux.
J'avais gardé une frustration certaine de ne pas avoir vu After Forever sur la tournée d'Invisible Circles, car cet album est pour moi l'une des plus grandes merveilles de toute l'histoire du metal. J'avais donc dû me contenter de la tournée Exordium effectuée juste avant la sortie de leur troisième album.
Mais la tournée 2006 du groupe n'ayant pas effleuré Marseille, le meilleur compromis de date et de distance pour pouvoir voir After Forever a été... Bordeaux ! Une nouvelle fois, le groupe a choisi d'emmener Nightmare dans ses bagages.
La Rock School Barbey est située à proximité de la gare de Bordeaux. C'est une petite salle de type MJC. Le concert de ce soir détient le triste record de la date la moins fréquentée de la tournée...
Magica
L'ouverture du concert repose sur les épaules de Magica, petit groupe roumain de metal symphonique. L'ensemble est sympathique, mais manque singulièrement de personnalité... Ce n'est malheureusement que le nième groupe de metal à chant féminin du moment. Et le choix de reprise pour clôturer le concert - Nemo de Nightwish - ne fait rien pour atténuer l'impression d'opportunisme de ce groupe.
La prestation des musiciens est par ailleurs assez terne. La chanteuse manque d'assurance et sa voix est très imprécise, la guitare se contente de rythmiques vues et revues... Heureusement, les musiciens sont souriants et font passer une certaine dose de bonne humeur au public.
Voilà donc un groupe qui devrait se mettre en quête d'une véritable identité musicale, j'en ai peur.
Nightmare
Nightmare a noué des liens forts avec After Forever ces trois dernières années. On a donc l'impression de deux têtes d'affiche plutôt que d'une première partie et une tête d'affiche. Ce qui est une bonne chose, car Nightmare sur scène est une valeur sûre !
La prestation de Nightmare est à la hauteur de celle de 2004 : imparable, bêton, pro jusqu'au bout des ongles... et jouissive ! Le groupe nous fait d'ailleurs un cadeau magnifique en jouant un bon vieux brûlot de Maiden, Aces High !
Le groupe parvient à arracher au public tout ce qu'il a comme énergie, et on n'a vraiment pas l'impression que la salle n'est qu'au tiers pleine. Comme de bien entendu, After Forever pointe le bout de son nez pendant le concert, comme Sander vient faire le pitre sur le refrain Mind Matrix Schizophrenia.
Si'il faut vraiment trouver à redire, c'est l'impression que le concert ressemble un poil à celui d'il y a deux ans. Mais c'est vraiment chercher la petite bête devant une si belle prestation !
After Forever
Nightmare ayant chauffé la salle à blanc, tout le monde est mûr pour accueillir After Forever. Le groupe démarre sur une série de nouveaux titres, ouvrant avec Come. Ces nouveaux morceaux fonctionnent bien sur scène, bien que pas fondamentalement différents de leurs contreparties studio.
Floor nous annonce que le groupe va explorer toute sa discographie, ce qui me laisse espérer que j'aurai l'occasion de découvrir des titres d'Invisible Circles live. De ce point de vue, je serai un peu déçu... La setlist complète est :
- Come
- Boundaries are Open
- Living shields
- My pledge of Allegiance #1
- Beyond Me
- Monolith of Doubt
- Strong
- Free of Doubt
- For Whom the Bell Tolls
- Yield to Temptation
- Face your Demons
- Being Everyone
- Digital Deceit
- Follow the Cry
Dès les premières minutes, le groupe est enthousiaste, souriant et au point. Floor est vraiment la chanteuse la plus douée de sa génération ! Elle a tout pour elle ; outre un physique toujours aussi saisissant, elle possède une voix puissante, riche et mélodique, doublée d'une technique irréprochable. C'est une frontwoman dynamique, sympathique et efficace, qui fait ce qu'elle veut de la salle. En plus de tout cela, elle réalise l'exploit de marier à la justesse une spontanéité bienvenue, jouant sur ses lignes de chant selon l'ambiance, jusqu'au cri s'il le faut !
Visiblement Floor est légèrement malade, comme elle fait des blagues sur le liquide suspect qu'elle doit boire entre chaque titre, mais ça ne s'entend en rien sur sa voix.
Le groupe tout entier est en grande forme. Les grunts de Sander sont excellents. Et surtout, c'est l'occasion de découvrir Joost aux claviers, le jeune prodige révélé par Arjen Lucassen sur le projet Star One ! Le garçon est vraiment excellent, et sa légère tendance à frimer ne passe pas si mal, tout se passant toujours dans la bonne humeur.
Côté reprise, After Forever a troqué The Evil that Men Do contre un For Whom the Bell Tolls très bien exécuté, que le public connaît visiblement par cœur. Quand Floor remonte sur scène à la fin du morceau, elle taquine ses musiciens avec un « Aren't they great, my guys? » avant de reprendre le contrôle des événements...
Je suis un peu déçu de ne pas avoir entendu plus d'un titre d'Invisible Circles, mais le groupe semble avoir plus ou moins fait l'impasse dessus. Seul le titre Digital Deceit, qui avait fait l'objet d'un single, a été retenu. Il est vrai que l'album n'a pas remporté un grand succès, sans doute par son caractère trop complexe et trop riche pour le public habituel d'After Forever. En outre, je ne suis pas un gran fan de Remagine, et entendre ses titres sur scène n'a pas changé mon opinion. Même lorsque Floor coiffe de petites cornes pour interpréter Face your Demons. Fort heureusement, ils restent des morceaux plaisants et efficaces, et le groupe excelle avec ses classiques de Decipher.
Qui aime bien châtie bien, dit-on... Le concert a été un moment extraordinaire, offert par un groupe au sommet de son art, tant technique que créatif et charismatique. J'espère seulement que leur prochain album sera moins téléphoné, et là ce sera la totale !